INTERVIEW | Wilfrid Dumas, co-fondateur de Vesto

 

L'équipe du Grand Paris Circulaire vous présente Vesto, un marketplace pour acheter et vendre du matériel professionnel de restauration reconditionné !
Merci à Wilfrid Dumas, co-fondateur de Vesto, qui a pris le temps de répondre à nos questions...
  • Quelle a été la genèse du projet ?

La prise de conscience s’est faite chez Bastien. Lors de son expérience en cuisine, le restaurant dans lequel il travaillait en tant que commis de cuisine a déménagé. Il a alors assisté (avec effroi) à la mise à la casse de la plupart du matériel, qui était pourtant encore parfaitement fonctionnel. Une aberration écologique !

En creusant un peu, on s’est rendus compte que cette situation était loin d’être isolée. Tous les ans, 30 000 tonnes de matériel arrivent en fin de vie, et, alors qu’ils pourraient être encore utilisés, ils sont relégués à la benne ou exportés sauvagement vers des pays à bas coûts, faute de filière adaptée pour les réemployer. 

Etant tous les trois sensibles à la surconsommation et à la production excessive de déchets, nous avons décidé de remédier à ce problème !

 

  • En quelques mots, pouvez-vous présenter Vesto ?

Vesto propose aux restaurateurs du matériel (fours, lave-vaisselles, armoires froides) reconditionné pour équiper leurs cuisines. C’est donc du matériel qui a déjà eu une vie par le passé, mais qui a été entièrement remis en état de marche en étant réparé, nettoyé et garanti. Le reconditionnement de ce type de matériel permet de promouvoir des emplois artisanaux et locaux, aujourd’hui tout le matériel Vesto est reconditionné en France, pour réduire au maximum son transport.

Pour se fournir en matériel de seconde main, Vesto récupère donc des équipements usagés chez des restaurateurs et des cuisines collectives comme les restaurants inter-entreprises ou les cantines. Ces reprises se font lors de fermetures d’établissements, de déménagements, de travaux ou de destruction du bâtiment. Nous donnons ainsi à ces machines une chance d’avoir une seconde vie, au lieu d’être directement jetées.

Aujourd’hui, Vesto travaille avec une dizaine de partenaires reconditionneurs, et ouvre son propre atelier de reconditionnement de matériel en Ile-de-France.

En quelques chiffres, Vesto c'est : 
- Une trentaine de clients servis, dans toute la France
Une dizaine de reconditionneurs et fabricants partenaires dont 6 en Île-de-France 
200k€ de volume d’affaire (de machines vendues) à date (moins de 10k en aout, 50k en février)
Une équipe de 4 personnes, qui va passer à 7 dans les prochains mois
Un atelier de reconditionnement ouvert en février

 

  • Pourquoi avez-vous commencé par les restaurants et non par les collectivités?

La restauration traditionnelle nous a permis de fournir des équipements reconditionnés sur de petits volumes, ce qui nous permet aujourd’hui de nous étendre à des projets plus importants comme la restauration collective.

  • Quels sont les avantages pour les collectivités d’acheter du reconditionné? 

Le premier avantage est économique ; le prix du matériel reconditionné est au moins 30% moins cher que le neuf chez Vesto (50% en moyenne). Ensuite, les avantages sont écologiques puisqu'acheter du matériel reconditionné, c’est éviter la production d’un matériel neuf. C'est aussi plus fiable que l’occasion : le reconditionné c’est la qualité de service du neuf appliqué à du matériel de seconde main. Enfin, plutôt que de jeter du matériel usagé, le mettre en reconditionnement permet d’éviter qu’il ne soit gâché tout en recevant une compensation financière : on transforme un déchet en ressource. 

 

  • Quels sont les freins supposés qui en réalité sont contournables, et comment ?

Le frein principal serait que le matériel de seconde main n’est pas fiable. Mais en réalité, le matériel reconditionné est entièrement remis en état, et pour garantir sa fiabilité il est garanti 6 mois pièces et main d'œuvre. De plus, nous reconditionnons uniquement des marques de bonne ou très bonne facture dont les équipements sont robustes et durables.

 

  • Quels conseils donneriez-vous à une collectivité qui souhaite acheter du reconditionné ?

D'abord, se tourner vers des acteurs professionnels qui assurent la garantie de leur matériel. Et puis s’attendre à ne pas trouver exactement la machine désirée au moment désirée, une souplesse dans les délais est nécessaire pour permettre de trouver le modèle idéal. 

 

  • Comment une collectivité peut-elle aider au développement du reconditionnement sur son territoire ?

- Promouvoir l’utilisation de matériel réemployé dans ses structures (cantines, hôpitaux, EPHAD etc…)

- Donner de la visibilité aux entreprises de l’économie circulaire

- Promouvoir les métiers de l’artisanat et de la réparation, ainsi que leurs formations.

- Mettre la totalité de son matériel usagé dans des filières circulaires locales. 

 

  • Comment voyez-vous l’évolution du matériel reconditionné en collectivités dans la décennie qui vient ?

Pour nous, le matériel reconditionné et le matériel neuf vont de plus en plus s’imbriquer dans des projets. En effet, s’il serait utopique d’imaginer une cuisine 100% reconditionnée, on peut tout à fait espérer que 100% des cuisines intègrent du matériel reconditionné pour des besoins plus ponctuels, des remplacements courants ou encore des machines d’appoint. 

Notre objectif est que demain, 100% des machines passent entre les mains d’un professionnel avant d’être dirigées vers le recyclage pour s’assurer qu’elles ne sont vraiment plus reconditionnables.

A horizon 10 ans, nous avons surtout le rêve de ne plus vendre de machines, mais des heures d’utilisation, des lavages ou encore des fournées, cette intégration de la notion d’usage dans le secteur et ce qui permettra de définir au mieux si une machine doit être achetée neuve ou reconditionnée et de ce fait de minimiser l’impact environnemental du matériel. 

 

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