L'économie circulaire

Sortir de l’économie linéaire : une nécessité

L’économie circulaire s’est construite en opposition du modèle économique linéaire, dominant depuis la seconde révolution industrielle et qui montre chaque jour davantage ses limites. Schématisée par la formule – extraire, produire, consommer, jeter -, l’économie linéaire engendre une surconsommation des ressources naturelles, ainsi que de nombreuses émissions polluantes qui excèdent largement la biocapacité de la Terre, c’est-à-dire sa capacité à regénérer les ressources et à absorber les pollutions via les cycles biogéochimiques. La médiatisation autour du « Jour du dépassement » - moment à partir duquel l’ensemble des êtres humains a consommé son stock de ressources annuel renouvelable nous montre qu’il existe une véritable prise de conscience autour de cette problématique que nous devons adresser collectivement, du citoyen aux acteurs économiques et politiques.

Il est aujourd’hui nécessaire de développer des modèles de développement plus pérennes et durables, qui permettent d’améliorer notre efficacité de gestion des ressources tout en consolidant la création de valeur positive sur un plan social, économique et environnemental.

L’économie circulaire, une opportunité de création de valeur économique, social et environnementale

L’Institut National de l’Economie Circulaire définit l’économie circulaire comme étant :

« un principe d’organisation économique visant à découpler la création de valeur sociétale (économique, sociale et environnementale) de l’impact sur l’environnement, à travers une gestion optimisée des ressources.

Ce modèle implique la mise en place de nouveaux modes de conception, de production et de consommation plus sobres et efficaces (éco-conception, écologie industrielle et territoriale, économie de fonctionnalité, etc.) et à considérer les déchets comme des ressources. » (Source : Plaidoyer pour l’économie circulaire)


Cela se traduit par l’écoconception des biens et des services, par la mise en œuvre de modèles économiques centrées sur l’usage, et par la mise en œuvre de boucles de valorisation en cascade, allongeant ainsi au maximum la durée d’usage des biens et services. Depuis la conception jusqu’à la fin de vie, ce modèle ouvre la voie à la création de valeur à chaque étape d’usage.

Le Schémas de l'economie circulaire

Illustration : Les boucles de valeur de l'économie circulaire (source : Institut de l'économie circulaire, inspiré de la Fondation Ellen MacArthur)

 

L’économie circulaire au cœur de la stratégie de développement de la Métropole du Grand Paris

L’économie circulaire, qui s’ancre de manière préférentielle dans une échelle de proximité, passe par une mise en mouvement des territoires. Les métropoles, qui concentrent les populations et les activités économiques, connaissent les enjeux de ressources les plus prégnants et constituent de fait le lieu de mise en œuvre de l’économie circulaire par excellence.

Les évolutions réglementaires issues de la loi Nouvelle Organisation Territoriale de la République (NOTRe) leur ont par ailleurs conféré davantage de compétences et de moyens d’action en matière de développement économique, leur permettant de développer une véritable stratégie de déploiement de l’économie circulaire.

La Métropole du Grand Paris en quelques chiffres
  • Elle regroupe Paris, les 123 communes des trois départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne et 7 communes des départements limitrophes de l’Essonne et du val d’Oise, soit près de 7,2 millions d’habitants. Le tout représente une densité de 8 624 hab./km2.
  • En 2016, le PIB de la Métropole du Grand Paris s’élève à 475 milliards d’euros, ce qui représentait 25% du PIB national. Il s’agit du 1er pôle d’emploi d’Europe, avec 4,1 millions d’emplois.

 

La Métropole du Grand Paris a fait le choix de se saisir de cette opportunité et de définir l’économie circulaire comme l’une de ses priorités d’action. En relocalisant l’activité sur le territoire grâce à des modèles de production orientés vers le réemploi et l’économie de fonctionnalité, elle souhaite gagner en attractivité économique et créer de nouveaux gisements d’emplois non délocalisables. En outre, le renforcement des circuits de proximité améliore l’efficacité des ressources du territoire et limite sa dépendance vis-à-vis des approvisionnements extérieurs, et donc à de possibles contraintes macro-économiques liées aux tensions géopolitiques ou à la raréfaction des ressources.

Pour gagner en résilience, la Métropole du Grand Paris doit également moderniser ses infrastructures en se dotant d’outils de conception et d’analyse efficaces, tels que les métabolismes urbains et les diagnostics ressources. Ces derniers doivent par exemple faciliter l’émergence de la déconstruction de manière sélective afin de massifier les filières de réemploi et recyclage, plutôt que de réaliser des projets de démolition classiques. Pour ce faire, il faut pouvoir lier une demande et une offre qui ne sont pas toujours connectées, tout en apportant suffisamment de données qualitatives et quantitatives accessibles à tous. En ce sens, la révolution des datas et du numérique apparaissent comme des tremplins majeurs pour tendre vers une économie circulaire.

En tant que donneur d’ordre et acheteur public de grande envergure, les métropoles sont des acteurs essentiels et peuvent, par leur action, insuffler un véritable changement. De fait, l’économie circulaire se construit grâce à la mise en réseau et la coopération de l’ensemble des forces vives de l’économie locale, qu’il s’agisse des grandes entreprises ou du tissu associatif. Grâce à des schémas de gouvernance basés sur les partenariats, plus inclusifs et transversaux que ceux de l’économie linéaire, la Métropole du Grand Paris souhaite devenir un lieu de co-construction vecteur d’innovations durables et pérennes. Cette plateforme multi-acteurs en est le réceptacle, et vise à donner la parole et de la visibilité à l’ensemble des parties-prenantes de l’économie circulaire du Grand Paris.

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