Priorités métropolitaines - NUMERIQUE

Le numérique est un champ si vaste et transversal qu’il est parfois difficile d’en donner une définition claire et concise. Chacun sait que le numérique nous entoure, et que dans beaucoup de nos gestes de tous les jours, il y a quelque part une technologie issue du numérique qui est mobilisée. Ainsi, le plus simple est de construire une définition en triptyque. Il s’agit donc :

1. D’une manière de produire et de partager des connaissances, où les données constituent la matière première du traitement de l’information et des décisions qui s’en suivent.
2. De pratiques individuelles et sociales en constante évolution : réseaux sociaux, partage de fichiers, accès libre, géolocalisation, … Rappelons que ces pratiques du quotidien peuvent avoir des impacts extrêmement puissants sur notre société, comme en témoignent les mobilisations citoyennes grâce aux réseaux sociaux lors des printemps arabes.
3. Et d’innovations dans la coordination et l’action collective, à toute échelle (du local au global) : nouvelles formes de crowdfunding ou de partage des connaissances (Wikipédia, MOOC, …).

La transition numérique, un levier de la transition écologique


La société est passée du web 1.0 qui connecte les machines entrent-elles, au web 2.0 capable de lier les hommes et de structurer une grande partie de nos rapports sociaux. Aujourd’hui, une nouvelle étape dans cette révolution numérique se profile : le dialogue entre les objets qui nous entourent, accompagné de son flux massif d’informations. De fait, le numérique apparait pour certains comme une puissance transformatrice sans limites, car au-delà de son rôle de mesure, d’optimisation et d’anticipation, c’est principalement à travers les changements organisationnels qu’il induit que nos modèles de sociétés seront les plus impactés.
Cependant, comme toute force de transformation, le numérique ne pourra pas tout résoudre et présente par ailleurs de sérieux défis environnementaux et sociétaux, pour le moment mal appréhendé par la majorité des citoyens.

Le numérique vu à travers prisme de l'économie circulaire : faire converger la transition numérique et la transition écologique


Alors que la transition écologique promeut des objectifs très ambitieux, mais manque de moyens concrets pour y arriver, la transition numérique propose chaque jour des innovations disruptives sans pour autant qu’elles abondent vers un monde plus durable. Afin de faire converger ces deux transitions, l’Économie Circulaire offre des réponses autant théoriques qu’opérationnelles, et la direction affichée par la Feuille de Route de l’Économie Circulaire publiée par le gouvernement le 23 avril 2018 montre comment le numérique y joue un rôle central.
Qu’il s’agisse de sensibilisation, de mise en réseau ou de traitement des données permettant la visualisation de projections de long terme, le numérique doit devenir un outil d’aide à la décision dont la valeur ajoutée est supérieure à l’impact général de la technologie mobilisée. Cela devient possible grâce aux principes clés de l’économie circulaire basés sur le cycle de vie et l’allongement de l’utilisation des ressources. Ayant pris conscience du levier que représente le numérique pour un développement durable et équitable, la Métropole du Grand Paris a fait le choix d’en faire un des axes majeurs de sa stratégie de transition.


En reprenant la vision en triptyque déclinée plus haut, trois axes d’action peuvent être identifiés pour accélérer le déploiement de l’économie circulaire au sein de la Métropole du Grand Paris:

  • IT for green : l’utilisation du numérique comme catalyseur, pour accélérer la mise en place d’une économie circulaire dans de nombreux secteurs (Énergies, Industrie, Transport, Résidentiel…). Les possibilités sont à priori sans limites, mais les décideurs doivent garder à l’esprit que les potentiels effets rebonds sont nombreux, tant pour la société que pour l’environnement.
  • Green for IT : la responsabilisation du numérique pour le rendre moins polluant. L’unité fonctionnelle est un bon angle d’approche, l’analyse du cycle de vie permettant une vision détaillée des impacts, pour aller vers des produits éco-conçus, réparables, réutilisables, recyclables. Pour cela, il faut cependant explorer des solutions qui n’abiment pas l’expérience utilisateur tout en ajoutant de la performance.
  • Green by use : le développement d’une vision par l’usage tout en encourageant des comportements plus sobres et plus vertueux. En ce sens, l’éducation des consommateurs apparait comme un axe essentiel, car un outil très bien pensé en termes environnementaux et sociétaux peut bien souvent avoir un impact plus important s’il est mal utilisé. Penser l’usage final devient la clef de la réussite pour l’économie circulaire, en ouvrant notamment la voie vers multi-usage et l’économie de fonctionnalité. Il s’agit donc de penser la manière d’utiliser le service en général, pas simplement de l’utilisation des terminaux ou autres hardwares.

Enjeux et perspectives à l'échelle de la MGP


La Loi relative à la transition énergétique et à la croissance verte présente de nombreux articles qui permettent de faciliter -tout en encadrant- l’émergence des solutions. Le développement du numérique ouvre par exemple de grandes possibilités quant à l’émergence des « ville intelligentes », capables d’optimisation et d’autorégulation.

Citons par exemple les révolutions que l’on a observées dans les outils de financement participatif à travers les plateformes de crowdfunding, ou l’échange d’informations sécurisées gratuite et sans entité tierce certificatrice rendu possible grâce à la blockchain. Les principaux outils pouvant être mis en avant sont les suivants (liste non exhaustive) :

  • Les plateformes numériques recréant partage et proximité,
  • Les technologies de traçabilité(s) et d’optimisations logistiques,
  • L’écoconception de logiciels et de hardware,
  • La technologie blockchain,
  • Les enjeux liés au traitement et au partage des données,
  • Les smart-city.

 

 

 

 

Source : Infographie réalisée par RSE.net et GreenIT


La disponibilité et la massification des données apparaissent comme l’un des principaux vecteurs d’optimisation de notre système de production et de consommation. Leur niveau de détail géographique et leur qualité sont sans précédent, bien qu’il existe souvent des enjeux de compatibilité et de format qui ralentissent une exploitation efficace. Cependant, il est essentiel de protéger le consommateur afin que ces données ne soient pas utilisées à leur insu : il ne faudrait pas sous-estimer l’acceptabilité sociale de la ville intelligente. La controverse autour de l’installation des compteurs Linky illustre très bien cet aspect.

De fait, la multiplication des outils numériques d’aide à la décision rationalise les débats, alors que nouvelles formes de gouvernance s’appuient sur les plateformes numériques pour faire remonter les avis et idées des populations locales. Ainsi, les collectivités les plus avancées sur l’économie circulaire parient sur des approches systémiques qui émergent grâce à la simulation numérique et les analyses de données : les avancées sur le sujet des métabolismes urbains en sont un exemple prégnant. C’est pourquoi la Métropole du Grand Paris travaille activement sur ce sujet afin de construire une stratégie d’économie circulaire basée sur la réalité de terrain. De plus, en rassemblant facilement des parties prenantes qui n’avaient pas forcément une culture ou des objectifs communs, le numérique agit comme lien efficace pour créer les solutions de demain.

Quelques chiffres :

  • MATÉRIAUX : il faut 32Kg de ressources naturelles pour produire une puce de 2 grammes, ce qui représente 16 000 Fois son poids, dont la plupart sont épuisables et / ou extrêmement rares (Livre Blanc – L’éco-conception des services numériques, Alliance Green IT 2017).
  • ÉNERGIE : si Internet était un pays, il serait le 6ème plus gros consommateur mondial d’électricité
    Ainsi, le numérique représente au total environ 7 % de la consommation mondiale d’électricité (rapport Clicking Clean, Greenpeace 2017).
  • USAGES : l’envoi d’un e-mail intégrant une pièce jointe de 1 Mo génère un équivalent CO2 de 19g. Donc pour une entreprise de 100 personnes envoyant en moyenne 33 e-mails par jour, l’équivalent carbone dégagé sur l’année est de 22 Aller-retours en avion entre Paris et New York (Courriers électroniques, requêtes Web, clé USB : quels impacts environnementaux, ADEME 2011).

 


Autres priorités